Lundi 20 avril

Hier soir le ciel s'est brusquement couvert je verrai en me levant mais pitié pas la pluie ! J'essaie de positiver j'étais enrhumé en partant j'ai pris le décalage horaire et je me trouve à 1800 mètres d'altitude, si on rajoute à ça le soleil brulant du désert la violence du vent et mon âge ça peut expliquer mon faible rendement journalier. Voilà ce que je me dis même si ce ne sont que des excuses.  La chance est avec moi le soleil brille et je décolle de l’hôtel vers 8 heures avec la fraîcheur (10 degrés). Je prends le Walnut Creek alternate 14 km de route pour rejoindre le gila river alternate. J’avance doucement le sac est lourd je trimballe toujours trop d’eau mais je joue la sécurité au détriment de la vitesse. Mon corps est encore récalcitrant à l’effort et me le  fait savoir. Les paysages sont plus beaux on voit des arbres et on chemine parfois à l’ombre. Je bloque exténué à 17 heures après  18 km,  je monte la tente  pour m’allonger. Il me reste 2 litres d’eau pour arriver au prochain point 2 km plus loin s’il n’est pas à sec…

Mardi 21 avril

Départ 8h10 le temps est découvert   Il faut y aller… monte descend  encore et encore et enfin bear creek un ruisseau qui court dans un canyon puis direction les collines boisées et abruptes j’arrête vers midi mais j’y laisse les dernières forces. Hourra j’ai fait 7 bornes ce matin ! En début d’après midi j’ai fait une rencontre improbable, au moment où j’étais  le plus mal un énorme quad avec une remorque  me double et le conducteur me salue et continue sa route,  une heure après je vois le gars descendre à pied à travers la colline en face de moi venir s’excuser de ne pas s’être arrêté parce qu’il m’avait vu en difficulté et que lui même était fatigué de trois heures de quad pour aller s’approvisionner en ville . Il me propose de le suivre dans sa cabane et un quart d’heure après je suis chez Doug l’hermite qui m’offre une bière de sa fabrication du fromage et des petits gâteaux secs il a 74 ans et vis là depuis les années 1970,  c’est incroyable des gens passent à deux cents mètres sans le voir, il a un renard apprivoisé et les animaux sauvages ne le craignent pas. Je prends un sacré cours d'anglais et de fraternité. Mais la fatigue s’accumule et je crois que je ne suis pas à la hauteur des difficultés qui s’annoncent, j’ai mal à la tête et des légers déséquilibres.  Si demain je ne suis pas à 100 pour cent je retournerai à Silver city, car à mon rythme il va me falloir 4 jours pour rejoindre doc Campbell’s  qui se situe à 30 km avec le suivi de la rivière Gila et 70 franchissement à gué ce qui veut dire les pieds  trempés autant de temps.  Aujourd’hui j’ai fait seulement 9 km et passé une grande partie de l’après midi à me reposer et discuter avec Doug mais j’ai fait une belle rencontre. Je vais  faire le maximum pour demain.

 

Mercredi 22 avril

Je ne suis pas encore au mieux mais je ne peux pas me résoudre à laisser tomber. Je pense à ceux qui souffrent plus que moi et je dois arrêter de me lamenter. C’est reparti pour un long passage en côte pour sauter la montagne Doug m’a dit qu’après sur la face nord il y avait des grands arbres de l’eau la Gila river…le paradis…vers midi je suis presque au sommet à  2300 mètres en altitude. L’après midi j’ai beaucoup de descente en sous bois jusqu’à 1600 mètres. À force d’obstination mon corps a compris que je ne céderai pas et recommence à fonctionner à peu près normalement. On peut dire que c’est la première journée qui se passe presque bien. 21 km vu deux randonneurs. J’ai atteint la Gila elle est à 200 mètres je reste un peu en retrait pour éviter le froid et la condensation pendant la nuit, demain c’est le début de la pataugeoire.

Jeudi 23 avril

Après une bonne nuit de sommeil je commence à 8 heures et malgré  toutes mes précautions je perds le sentier après le premier gué et il me faut presque deux heures pour rétablir la situation. Maintenant je déroule en remontant la Gila tantôt à droite tantôt à gauche tantôt dans le sable tantôt dans les cailloux et la boue et de temps à autre un bout de sentier bien damé. J’ai croisé deux hikers qui m’ont dit qu’il fallait presque deux jours pour arriver à  doc campbell’s. Je n’ai pas le réseau alors ma famille et les amis doivent commencer à s’inquiéter mais tout va bien aucune blessure j’ai à boire et à manger pour trois jours. Je m’arrête à 17h30 il reste 4 km pour arriver, je terminerai l’étape demain matin. J’ai fait 16 km mais le sentier était assez difficile avec tous les passages de rivière. J’ai eu les pieds mouillés plein de sable et de petits graviers de la rivière que j’ai eu à traverser avec de l’eau à mi cuisse une cinquantaine de fois, heureusement il n’y avait pas de rapide et elle n’était pas froide.


vendredi 24 avril

La nuit a été glaciale et ce matin enfiler les chaussettes mouillées et sablées dans les chaussures a été une épreuve. J'ai dû partir vers 9 heures car j'attendais le soleil. J'ai ensuite franchi  six fois la rivière pour arriver à doc campell's. Quelques habitations éparses, la poste qui ouvre à 11 heures, deux canmpround. J'ai fait le plein de nourriture pour 10 jours. Il n'y a pas de réseau seulement le wi fi à la posée alors j'ai loué un petit appartement pour passer la journée et la nuit là ils avaient aussi le wi fi et  j'ai pu contacter la famille et les rassurer. Le bilan c'est 5 km et croisé un Hiker à la poste. Cette étape est terminée.

 

 



 

Ce sont des vaches avec du blanc sur le museau de loin j'ai cru que c'était des ours.

Doug l'hermite, ingénieur de formation  

 

Le bar de Doug et sa fabrique de bière. Elle bonne froide elle mousse et elle fait 7 degré. Assez forte en goût il en fait de trois catégories différentes. À savoir il gère l'électricité avec des panneaux solaires et fait venir l'eau depuis une crevasse à plus de 500 mètres jusqu'à un réservoir placé sur la colline qui surplombe sa cabane.

 

 

 

Rivière Gila serpentant dans le canyon. Imaginez la facilité du sentier...

Cactus en fleurs, cueillette déconseillée 

Arrivée, c'était le territoire des apaches

Mon Dieu que ça fait du bien de se prélasser.